On oublie souvent que Callas savait faire rire. Rosina, la pupille rusée du Barbier de Séville de Rossini, est le contre-emploi le plus révélateur de sa galerie : après la prêtresse, la magicienne et la courtisane phtisique, une jeune fille qui mène tout le monde par le bout du nez.

Elle grave le rôle en studio en 1957, sous la direction d'Alceo Galliera, avec Tito Gobbi en Figaro — le même Gobbi qui sera son Scarpia. L'enregistrement surprend qui n'attend d'elle que le tragique : l'ironie y est mordante, la coquetterie calculée, chaque ornement porte une intention. « Una voce poco fa » — une voix, tout à l'heure — n'y est pas un air de démonstration mais un portrait : celui d'une femme qui prévient, en souriant, qu'elle obtiendra ce qu'elle veut.

C'est cet air qu'elle choisit pour alléger la seconde partie de son légendaire récital parisien du 19 décembre 1958, entre le « Miserere » du Trouvère et l'acte II de Tosca. Après la tragédie, la malice : elle savait aussi construire un programme.

Dans la collection du Fonds

Le récital de 1958, restauré en 4K par le Fonds à partir des bobines de sa collection, contient l'une des rares captations filmées de Callas dans ce répertoire. Découvrir la collection · Licences

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Cinquantenaire · 16 septembre 2027

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