Avant Callas, la scène de la folie de Lucia était devenue un numéro de canari — éblouissant, léger, vide. Elle lui a rendu son épouvante. Dans sa voix, la fiancée de Donizetti, poussée au meurtre la nuit de ses noces, n'était pas un prétexte à feux d'artifice vocaux mais un esprit qui se défait en musique, chaque ornement devenu symptôme.

Elle chante le rôle pour la première fois à Mexico en 1952, puis en fait l'un des piliers de son répertoire à la Scala sous la direction d'Herbert von Karajan, qui emmène la production à Berlin en 1955 — deux soirées dont subsiste un enregistrement sur le vif considéré parmi les plus grands documents de l'histoire de l'opéra au disque. Elle chanta Lucia à travers l'Europe et l'Amérique tout au long des années 1950.

Avec Lucia, comme avec Norma et Anna Bolena, Callas démontra sa thèse centrale : le répertoire du bel canto n'est pas décoratif mais dramatique — et ses héroïnes méritent des tragédiennes.

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Cinquantenaire · 16 septembre 2027

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