Tout commence à Vérone. Par une nuit d'été d'août 1947, une soprano gréco-américaine inconnue de vingt-trois ans s'avance sur l'immense scène des Arènes de Vérone pour chanter la Gioconda de Ponchielli — une chanteuse des rues de Venise qui donne tout par amour et meurt de sa propre main. Au pupitre, Tullio Serafin, le chef qui allait devenir l'architecte de sa carrière.

Ce furent les débuts italiens de Maria Callas, et le pivot de sa vie. L'Italie entendit, dans ce vaste amphithéâtre romain, une voix comme aucune de mémoire d'homme — sombre, immense, étrange, expressive jusqu'au malaise. Serafin la prit sous sa direction ; deux ans plus tard, les exploits de Venise feraient d'elle une légende en marche.

Elle retrouva Gioconda à la Scala en 1952, et enregistra l'opéra deux fois — son tout premier enregistrement intégral de studio (1952) et une nouvelle version en 1959. « Suicidio! », le grand monologue de Gioconda, demeure l'un des documents fondateurs de sa voix dramatique.

Dans la collection du Fonds

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Cinquantenaire · 16 septembre 2027

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