La légende Callas a un acte de naissance : Venise, janvier 1949. Elle chante à La Fenice Brünnhilde dans La Walkyrie de Wagner quand la soprano engagée pour I puritani de Bellini tombe malade. Tullio Serafin lui demande l'impensable : apprendre Elvira — un rôle de bel canto aigu et orné, à l'opposé de l'univers vocal wagnérien — en quelques jours, tout en continuant de chanter Wagner.

Elle le fit. Dans la même semaine, Venise l'entendit en déesse guerrière de Wagner et en fragile fiancée puritaine de Bellini, égarée par l'amour. L'exploit stupéfia le monde lyrique : aucune voix n'était censée pouvoir faire les deux. Il annonçait le retour d'une espèce disparue — le soprano drammatico d'agilità, la voix dramatique aux ailes de colorature — et tout ce qui suivit, les Normas, les Lucias, les Annas, découla de cette révélation.

La scène de la folie d'Elvira, « Qui la voce sua soave », resta l'une des pierres de touche de son art : le chagrin filé en une ligne infinie, sans poids.

Dans la collection du Fonds

Documents et photographies des premières années italiennes de Callas, où la légende s'est forgée, sont conservés dans la collection du Fonds. Découvrir la collection · Licences

← Tous les rôles

Cinquantenaire · 16 septembre 2027

Faites vivre cet héritage

Chaque soutien préserve la collection et rapproche le Musée Maria Callas de Paris.