De Cio-Cio-San, la petite épouse japonaise de Puccini, Maria Callas ne donna que trois représentations à la scène — au Lyric Opera de Chicago, en novembre 1955. Trois soirs, et l'un des portraits les plus singuliers de sa galerie.

Quelques mois plus tôt, à l'été 1955, elle avait gravé le rôle en studio à Milan, sous la direction d'Herbert von Karajan. Cet enregistrement demeure l'une de ses réussites les plus discutées et les plus fascinantes : une voix volontairement amincie, presque enfantine au premier acte, qui grandit d'acte en acte à mesure que l'illusion de la geisha de quinze ans se change en tragédie de femme. Là où tant d'interprètes chantent Butterfly comme une victime attendrissante, Callas en fait une conscience qui comprend — et c'est bien plus déchirant.

Chicago referma le chapitre presque aussitôt ouvert : après la troisième représentation, elle ne reprit jamais le rôle en scène. Il reste le disque — et la démonstration qu'il n'est pas besoin de cent soirs pour marquer l'histoire d'un rôle.

Dans la collection du Fonds

Photographies et documents des saisons américaines de Callas — dont Chicago, où elle fit ses débuts aux États-Unis en 1954 — sont conservés dans la collection du Fonds. Découvrir la collection · Licences

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Cinquantenaire · 16 septembre 2027

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