Callas dans ses rôles
Armida
Il y a des rôles que Callas a chantés cent fois, et d'autres qu'elle n'a chantés qu'une saison. Armida appartient à la seconde catégorie — et c'est peut-être le plus vertigineux de tous.
L'opéra de Rossini, créé à Naples en 1817, avait pratiquement disparu des scènes depuis le XIXᵉ siècle : sa magicienne exige une virtuosité qu'on ne trouvait plus, un aigu impossible, une agilité de soprano colorature doublée d'un tempérament de tragédienne. Au Mai musical florentin, en avril 1952, sous la direction de Tullio Serafin, Maria Callas s'en empare — et la partition redevient jouable, le temps de trois représentations.
Elle ne rechantera jamais le rôle. Il en subsiste un enregistrement capté sur le vif, qui suffit à faire comprendre l'enjeu : ce n'est pas de la performance sportive, c'est un personnage — une enchanteresse qui aime et qui perd — dont la virtuosité est le langage même. C'est toute la démonstration Callas, condensée en trois soirs.
Armida dit une chose essentielle sur elle : elle n'a pas seulement interprété le répertoire, elle en a rouvert des pans entiers que l'on croyait injouables. Le bel canto lui doit sa renaissance.
Dans la collection du Fonds
Photographies, programmes et documents des saisons italiennes du début des années 1950 — celles des résurrections — sont conservés dans la collection du Fonds. Découvrir la collection · Licences
Cinquantenaire · 16 septembre 2027
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